Kubernetes en production 2025 : erreurs et bonnes pratiques
Amine Abidi - Lead Software Engineer C++/Qt - Co-fondateur StackJobs
December 29, 2025

Kubernetes en production en 2025 : bonnes pratiques, pièges critiques et retours terrain
Introduction
Kubernetes est devenu le standard de facto pour l’orchestration de conteneurs. En 2025, la majorité des applications cloud-native tournent sur Kubernetes, que ce soit en startup, ESN ou grande entreprise.
Mais entre un cluster Kubernetes fonctionnel en local et un Kubernetes robuste en production, l’écart est immense. Mauvaise configuration, surcoûts cloud, incidents de sécurité ou pannes difficiles à diagnostiquer sont encore trop fréquents.
Cet article propose une approche experte et pragmatique de Kubernetes en production :
• bonnes pratiques éprouvées,
• erreurs critiques à éviter,
• exemples concrets,
• recommandations opérationnelles.
1. Kubernetes en 2025 : état des lieux
Kubernetes n’est plus un outil “ops-only”.
Il est aujourd’hui au cœur de :
• l’architecture applicative,
• la stratégie cloud,
• la sécurité,
• la performance,
• les coûts (FinOps).
En 2025, Kubernetes = plateforme, pas seulement orchestrateur.
2. Architecture Kubernetes recommandée en production
2.1 Séparation stricte des environnements
Erreur fréquente :
Un seul cluster pour dev / staging / prod.
Bonne pratique :
• 1 cluster par environnement
• isolation réseau stricte
• permissions RBAC distinctes
Résultat : réduction massive des risques humains.
2.2 Namespaces par domaine métier
Utiliser les namespaces pour :
• isoler les équipes,
• gérer les quotas,
• appliquer des politiques de sécurité.
Exemple :
namespaces:
auth
billing
customer
monitoring
3. Sécurité Kubernetes : les fondamentaux non négociables
3.1 RBAC minimaliste
Donner des droits admin “par confort”.
Appliquer le principe du moindre privilège.
Exemple :
• un développeur ne doit PAS pouvoir :
o supprimer un namespace,
o accéder aux secrets prod.
3.2 Gestion des secrets
Secrets en clair dans les manifests YAML.
Solutions recommandées :
• Kubernetes Secrets chiffrés
• Vault
• AWS Secrets Manager / Azure Key Vault
3.3 Network Policies obligatoires
Sans NetworkPolicy :
- tout peut parler à tout.
Exemple de règle simple :
• frontend → backend
• backend → database
• rien d’autre
4. Observabilité : voir avant que ça casse
4.1 Monitoring
Stack standard en 2025 :
• Prometheus
• Grafana
• Alertmanager
À surveiller :
• CPU throttling
• memory OOM
• latence réseau
• saturation des nodes
4.2 Logs et tracing
Logs seuls = insuffisant.
Ajouter :
• OpenTelemetry
• Jaeger / Tempo
Objectif :
- comprendre où, quand, pourquoi une requête échoue.
5. Performance & scalabilité
5.1 Autoscaling intelligent
Toujours configurer :
• HPA (Horizontal Pod Autoscaler)
• limites CPU / mémoire réalistes
Sans limites :
- un pod peut tuer un node entier.
5.2 Readiness & Liveness probes
Essentielles pour :
• éviter d’envoyer du trafic vers un pod non prêt,
• redémarrer automatiquement un service bloqué.
6. Coûts Kubernetes : l’erreur sous-estimée
En 2025, le coût Kubernetes mal maîtrisé est un problème majeur.
Erreurs courantes :
• surdimensionnement des nodes,
• pods jamais scalés vers le bas,
• environnements inutilisés.
Bonnes pratiques :
• requests/limits réalistes
• arrêt automatique des environnements non-prod
• outils FinOps (Kubecost, Cloud billing)
7. Cas réel : incident Kubernetes en production
Contexte
• Cluster e-commerce
• Pic de trafic pendant une promotion
• HPA mal configuré
Problème
• saturation CPU
• pods non scalés
• downtime partiel
Correctifs
• ajustement des metrics HPA
• ajout de limites CPU
• tests de charge réguliers
Résultat
• stabilité lors des pics
• temps de réponse divisé par 2
• coûts maîtrisés
8. Kubernetes : quand ce n’est PAS la bonne solution
Kubernetes est puissant, mais pas universel.
À éviter si :
• petite application simple,
• peu de trafic,
• équipe non formée DevOps,
• contraintes budget.
Alternatives :
• PaaS managé
• Docker Compose
• services serverless
9. Tendances Kubernetes 2025–2026
• Kubernetes managé de plus en plus abstrait
• GitOps comme standard (ArgoCD, Flux)
• Sécurité “by design”
• Kubernetes + Platform Engineering
Conclusion
Kubernetes en production est un levier stratégique, mais aussi une responsabilité technique majeure.
La différence entre succès et échec repose sur :
• la discipline,
• la sécurité,
• l’observabilité,
• la maîtrise des coûts.
👉 Kubernetes n’est pas complexe par nature.
👉 Il devient complexe quand il est mal gouverné.


